Un cheval italien peut être un athlète de haut niveau, un compagnon rustique de randonnée ou un sujet de trait puissant. Je vous propose ici un aperçu clair des principales races originaires d’Italie, de leurs aptitudes, de leurs besoins et des vérifications indispensables avant un achat en France.
Les races italiennes répondent à des usages très différents
- Le Maremmano convient à la selle, à l’extérieur et au travail polyvalent.
- Le Sella Italiano est orienté vers le saut, le dressage, le complet et l’endurance.
- Le Trotteur italien vient d’une sélection centrée sur les courses de trot.
- Le Bardigiano séduit par sa rusticité, sa docilité et son pied sûr.
- Le CAITPR est un cheval de trait puissant, utilisé aussi en attelage et en débardage.

Un seul nom pour plusieurs réalités équines
Il n’existe pas une race unique appelée cheval italien. L’Italie possède une véritable mosaïque de races régionales et de stud-books, sélectionnés pour la selle, les courses, le travail agricole ou la randonnée. Selon l’IFCE, le pays compte 23 races chevalines régionales, auxquelles s’ajoutent des stud-books sportifs et des lignées de course.
Cette diversité explique les différences parfois considérables de taille, de morphologie et de tempérament. Un trotteur destiné à la compétition n’aura ni le même équilibre ni les mêmes besoins qu’un Bardigiano élevé en semi-liberté dans les Apennins. Je conseille donc de partir de l’usage recherché, puis de choisir la race, plutôt que de se laisser guider uniquement par l’esthétique.
Les races italiennes les plus intéressantes à connaître
Le Maremmano pour la polyvalence et l’extérieur
Originaire de la Maremme, en Toscane et dans le Latium, le Maremmano est un cheval de selle solide, énergique et généralement à l’aise sur les terrains variés. Son histoire liée au travail rural lui a laissé une vraie capacité d’adaptation, avec une locomotion suffisamment active pour la randonnée sportive, le travail monté et certaines disciplines de selle.
Je le trouve particulièrement intéressant pour un cavalier qui veut un cheval présent, endurant et fonctionnel. Il peut convenir à l’extérieur, mais son caractère et son énergie demandent une éducation régulière et cohérente. Ce n’est pas toujours le choix le plus simple pour un débutant recherchant un cheval très placide.
Le Sella Italiano pour les sports équestres
Le Sella Italiano, ou selle italien, désigne un cheval de sport sélectionné en Italie. Le stud-book accepte des origines variées, notamment issues du Pur-Sang anglais, de l’Arabe, de l’Anglo-arabe et de lignées italiennes de selle. Le ministère italien de l’Agriculture indique une taille minimale de 156 cm au garrot et des aptitudes pour le saut d’obstacles, le dressage, le concours complet et l’endurance.
Son principal intérêt est sa polyvalence sportive. Toutefois, le mot “italien” ne garantit pas à lui seul la qualité d’un cheval de compétition. Pour choisir un sujet, je regarde d’abord la qualité des allures, la solidité des membres, la régularité du travail et les performances réellement documentées des parents.
Le Trotteur italien pour les courses
Le Trotteur italien a été construit par une longue sélection commencée au XIXe siècle, avec des apports de Pur-Sang anglais, de trotteurs russes, normands et américains. Il est destiné en priorité aux courses de trot attelé ou monté, avec une recherche de vitesse, de cadence et d’efficacité dans l’effort.
Son modèle athlétique peut séduire après une carrière hippique, notamment pour le loisir ou l’endurance légère. Il faut cependant tenir compte de son passé. Un ancien cheval de course peut avoir besoin d’une rééducation progressive, d’un suivi locomoteur attentif et d’un apprentissage complet des codes de l’équitation classique.
Le Bardigiano, le Murgese et le CAITPR pour des profils plus rustiques
Le Bardigiano vient de la région de Bardi, dans la province de Parme. Compact, docile et résistant, il est adapté à la selle, au travail léger et à l’agritourisme. Son élevage semi-extensif et ses membres solides en font un bon candidat pour la randonnée, surtout lorsque les chemins sont accidentés.
Le Murgese, originaire des Pouilles, est apprécié pour sa robustesse, son calme relatif et sa capacité à vivre dehors. Le Sanfratellano, le Salernitano et l’Anglo-arabe sarde complètent cette famille de chevaux italiens, avec des profils allant du loisir sportif à l’endurance et à la selle.
Le CAITPR, ou Cheval agricole italien de trait lourd rapide, est d’une autre catégorie. Il mesure généralement 153 à 162 cm selon le sexe et pèse environ 700 à 900 kg. Sa force, sa docilité et son trot actif l’orientent vers l’attelage, le travail forestier, l’agriculture à faible impact et le tourisme rural.
Quelle race choisir selon votre projet
Le tableau suivant donne une première orientation. Il ne remplace pas l’observation du cheval lui-même, car le niveau de dressage, l’âge et les conditions d’élevage influencent souvent davantage le quotidien que le nom de la race.
| Projet | Profil à privilégier | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Randonnée et extérieur | Maremmano, Bardigiano, Murgese | Évaluer le calme, le pied et l’habitude des environnements variés |
| Saut et concours complet | Sella Italiano, Anglo-arabe sarde | Contrôler les allures, les aplombs et les antécédents locomoteurs |
| Courses de trot | Trotteur italien | Vérifier le bilan sportif et la reconversion possible |
| Attelage de loisir | CAITPR, Bardigiano, Murgese | Adapter le matériel au poids, à la largeur de poitrine et à la puissance |
| Élevage | Sujet inscrit dans le stud-book correspondant | Étudier la généalogie, la consanguinité et les résultats des reproducteurs |
Pour un cavalier amateur, je recommande souvent un cheval déjà formé et habitué à son environnement futur. Un sujet très prometteur mais peu éduqué peut coûter davantage en temps, en encadrement et en matériel qu’un cheval plus âgé, même si son prix d’achat semble attractif.
Élevage, alimentation et équipement à prévoir
Une alimentation adaptée au modèle
La plupart de ces chevaux profitent d’une alimentation fondée sur un fourrage de qualité, distribué en plusieurs prises. À titre de repère, un cheval adulte consomme souvent l’équivalent de 1,5 à 2 % de son poids en matière sèche de fourrage par jour. Pour un cheval de 500 kg, cela représente environ 7,5 à 10 kg de matière sèche, à ajuster selon le taux d’humidité du foin, l’activité et l’état corporel.
Le CAITPR et les chevaux de trait demandent une surveillance particulière du poids, surtout lorsqu’ils vivent sur une pâture riche. À l’inverse, un trotteur en travail ou un Sella Italiano engagé en compétition peut avoir besoin d’un apport énergétique supérieur. Je préfère toujours faire analyser le fourrage et ajuster la ration avec un vétérinaire ou un nutritionniste équin.
Le travail doit suivre la morphologie
Un cheval compact et rustique ne se prépare pas comme un cheval de sport longiligne. Le premier a besoin de développer sa souplesse et son équilibre, tandis que le second doit préserver ses tendons, son dos et sa récupération. Dans les deux cas, la progression doit rester graduelle, avec des jours de repos et un contrôle régulier de l’état corporel.
Le choix de l’équipement mérite la même attention. Une selle mal adaptée peut provoquer des défenses, des douleurs dorsales et une baisse de performance. Pour l’attelage, le harnais doit répartir correctement les forces et la voiture doit être compatible avec la puissance du cheval, en particulier pour un sujet de 700 kg ou plus.
Rusticité ne signifie pas absence de soins
Les races rustiques supportent souvent mieux la vie au pré, mais elles ont tout de même besoin d’un suivi sanitaire complet. La dentisterie, la vaccination, le parage ou la ferrure, la prévention parasitaire et le contrôle du poids restent essentiels. Un cheval vivant dehors doit aussi disposer d’un abri, d’une eau propre et d’une zone sèche où se reposer.
Je me méfie particulièrement de l’idée selon laquelle un cheval rustique serait automatiquement “sans entretien”. Sa résistance réduit parfois les contraintes, mais elle ne remplace ni une bonne observation quotidienne ni une intervention rapide en cas de boiterie, de colique ou de perte d’état.
Acheter en France sans se tromper
Vérifier les documents avant de réserver
Pour un cheval provenant d’Italie, demandez l’original du passeport ou du certificat d’origine, le numéro de transpondeur, le signalement et les informations de propriété. L’IFCE précise qu’un équidé introduit en France depuis un autre pays de l’Union européenne doit être enregistré au SIRE dans les 30 jours suivant son arrivée.
La race doit également être cohérente avec le document d’identification et le stud-book annoncé par le vendeur. Une simple mention commerciale comme “type italien” ne vaut pas inscription officielle dans une race. Pour l’élevage ou la compétition, cette différence peut avoir des conséquences importantes sur la valeur du cheval et ses possibilités d’engagement.
Faire examiner le cheval avant la vente
Une visite d’achat réalisée par un vétérinaire indépendant permet de vérifier l’état général, les yeux, les dents, le cœur, les poumons, les membres et la locomotion. Pour un ancien trotteur, j’ajoute volontiers un examen locomoteur plus poussé, car le passé sportif peut laisser des fragilités qui ne sont pas visibles au repos.
- Observez le cheval au box, au paddock et sous la selle.
- Demandez à voir ses documents originaux avant tout acompte.
- Comparez le numéro de puce avec le passeport.
- Exigez un historique clair des soins, blessures et changements de propriétaire.
- Prévoyez une période d’adaptation après le transport, même si le cheval paraît calme.
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Le transport et l’arrivée comptent autant que l’achat
Un trajet international, même au sein de l’Union européenne, représente une contrainte physique et psychologique. Préparez à l’avance le logement, l’alimentation habituelle et l’organisation des premiers jours. Je conseille de conserver le foin connu du cheval pendant la transition et de modifier progressivement la ration sur 7 à 10 jours.
Le meilleur achat n’est donc pas forcément le cheval le plus spectaculaire ni celui qui présente le pedigree le plus prestigieux. C’est celui dont le niveau, la santé, le tempérament et les documents correspondent réellement à votre projet et à vos moyens d’entretien.
Le bon choix se mesure dans la vie quotidienne
Les races italiennes offrent une palette remarquable, du trotteur de compétition au cheval de trait en passant par le Maremmano polyvalent et le Bardigiano rustique. Pour décider avec méthode, je retiens quatre critères simples : l’usage prévu, le tempérament, la santé et la traçabilité.
Une race peut orienter le choix, mais elle ne remplace jamais l’évaluation d’un individu. Prenez le temps d’observer le cheval dans plusieurs situations, faites-vous accompagner par un professionnel indépendant et privilégiez une adéquation durable entre ses aptitudes et votre quotidien.